Space Shuttle Main Engine
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Les Space Shuttle Main Engines (SSME) (« Moteurs principaux de la navette spatiale »), ou RS-25, sont les moteurs-fusées principaux de la navette spatiale américaine. L'orbiteur de la navette spatiale est propulsé par trois SSME, qui sont démontés aprÚs chaque vol puis remis à neuf pour une nouvelle utilisation. Ils sont construits par la division de Rocketdyne de Pratt & Whitney. Une version non réutilisable du moteur-fusée, le RS-25 D/E, est développée pour propulser le premier étage du nouveau lanceur lourd de la NASA, le Space Launch System, dont le premier vol a eu lieu le 16 novembre 2022.
Contents
âą Introduction
âą Joint de cardan
âą Voir aussi
âą Liens externes
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Caractéristique techniques
Introduction
Les trois moteurs principaux de la navette spatiale brûlent de l'hydrogÚne liquide et de l'oxygÚne liquide provenant du réservoir externe. Ils sont utilisés pour la propulsion durant l'ascension de la navette spatiale, en complément des deux boosters, plus puissants, et parfois de l'Orbital Maneuvering System (OMS). Chaque moteur génÚre presque 1,8 MN de poussée au décollage. Les moteurs ont une impulsion spécifique (Isp) de 363 secondes au niveau de la mer et de 453 secondes dans le vide, avec respectivement des vitesses d'éjection de 4 440 m/s et de 3 560 m/s. Tout compris, un moteur principal de navette pÚse environ 3,2 t. Les moteurs sont démontés aprÚs chaque vol et conduits au Space Shuttle Main Engine Processing Facility (SSMEPF, Hangar de traitement des moteurs principaux de la navette spatiale) pour le contrÎle et le remplacement éventuel de chaque piÚce.
Les moteurs-fusĂ©es de la navette spatiale sont capables de fonctionner Ă des tempĂ©ratures extrĂȘmes. L'hydrogĂšne liquide est stockĂ© Ă â253 °C. Cependant, lorsqu'il brĂ»le avec l'oxygĂšne liquide, la tempĂ©rature dans la chambre de combustion atteint 3 300 °C, supĂ©rieure au point d'Ă©bullition du fer. Les trois moteurs principaux consomment ensemble 3 917 litres d'ergol par seconde. Si les moteurs principaux pompaient de l'eau au lieu de l'oxygĂšne liquide et de l'hydrogĂšne liquide, une piscine de taille moyenne serait vidĂ©e en 25 secondes.
En plus des trois moteurs principaux, la navette possĂšde 44 petits moteurs-fusĂ©es disposĂ©s sur sa surface, qui font partie de l'Orbital Maneuvering System (OMS, systĂšme de manĆuvres orbitales) et du Reaction Control System (RCS, systĂšme de contrĂŽle par rĂ©action), utilisĂ©s pour diriger, orienter et effectuer des rĂ©glages d'attitude de la navette en orbite.
Les moteurs fonctionnent comme suit : l'hydrogĂšne et l'oxygĂšne stockĂ©s dans le rĂ©servoir externe entrent dans la navette au niveau du sĂ©parateur ombilical navette/rĂ©servoir externe connectĂ© aux tuyauteries d'alimentation du systĂšme de propulsion principal de la navette. Ă ce niveau, l'hydrogĂšne et l'oxygĂšne sont chacun rĂ©partis vers trois branches, une pour chaque moteur. Dans chaque branche, les prĂ©-vannes doivent ĂȘtre ouvertes pour alimenter les turbopompes basse pression Ă oxygĂšne et Ă hydrogĂšne.
Circuit de l'oxygĂšne
La turbopompe basse pression à oxygÚne (LPOTP) est une pompe à flux axial entraßnée par une turbine à six étages fonctionnant à l'oxygÚne liquide. Elle porte la pression de l'oxygÚne liquide de 7 à 29 bar. Le débit sortant de la LPOTP alimente la turbopompe haute pression à oxygÚne (HPOTP). Durant le fonctionnement du moteur, cette pressurisation permet à la turbine à haute pression de fonctionner à grande vitesse sans caviter. La LPOTP fonctionne à environ 5 150 tr/min. La LPOTP, qui mesure environ 450 par 450 mm, est connectée à la tuyauterie d'entrée et fixée à la structure de la navette.
La HPOTP est constituĂ©e de deux pompes centrifuges Ă un seul Ă©tage (une pompe principale et une pompe "preburner") montĂ©es sur un arbre commun et entrainĂ©es par une turbine Ă deux Ă©tages Ă gaz chaud. La pompe principale porte la pression de l'oxygĂšne liquide de 29 Ă 300 bar et fonctionne Ă environ 28 120 tr/min. Le dĂ©bit sortant de la HPOTP est divisĂ© en plusieurs flux, dont l'un est utilisĂ© pour entraĂźner la turbine LPOTP. Un autre flux est dirigĂ© vers la vanne principale d'oxygĂšne et entre dans la chambre de combustion principale. Une faible partie du flux est envoyĂ©e vers le vaporisateur d'oxygĂšne. L'oxygĂšne liquide traverse un clapet anti-retour qui l'empĂȘche d'entrer dans l'Ă©changeur de chaleur jusqu'Ă ce que la tempĂ©rature soit suffisante pour transformer l'oxygĂšne liquide en gaz. L'Ă©changeur de chaleur utilise la chaleur contenue dans les gaz sortants de la turbine HPOTP pour transformer l'oxygĂšne liquide en gaz. Le gaz est envoyĂ© vers un collecteur avant d'ĂȘtre dirigĂ© vers le rĂ©servoir externe pour pressuriser le rĂ©servoir d'oxygĂšne liquide (pressurisation autogĂšne). Une autre partie du flux est envoyĂ©e vers le deuxiĂšme Ă©tage de la pompe HPOTP "preburner" pour porter la pression de l'oxygĂšne liquide de 300 Ă 510 bar. Ce flux alimente l'« oxydizer preburner » (prĂ©chambre de combustion de l'oxygĂšne) via la vanne d'oxygĂšne de l'« oxydizer preburner » et le l'« fuel preburner » (prĂ©chambre de combustion de l'hydrogĂšne) via la vanne d'oxygĂšne du l'« oxydizer preburner ». La HPOTP mesure environ 600 par 900 mm. Elle est fixĂ©e par des brides au collecteur des gaz chauds.
La turbine HPOTP et les pompes HPOTP sont montĂ©es sur le mĂȘme arbre. Le mĂ©lange du gaz chaud riche en hydrogĂšne prĂ©sent dans la turbine et de l'oxygĂšne liquide dans la pompe principale pourrait crĂ©er un accident. Pour Ă©viter cela, les deux sections sont sĂ©parĂ©es par une chambre qui est continuellement balayĂ©e par le circuit d'hĂ©lium du moteur durant le fonctionnement de ce dernier. Deux joints limitent les fuites vers la chambre : un joint est situĂ© entre la turbine et la chambre et l'autre entre la pompe et la chambre. La perte de pression d'hĂ©lium dans cette chambre entraĂźne l'arrĂȘt automatique du moteur.
Circuit de l'hydrogĂšne
L'hydrogĂšne entre dans la navette au niveau de la vanne sĂ©paratrice d'alimentation en hydrogĂšne liquide, puis circule dans le collecteur d'hydrogĂšne liquide pour ĂȘtre divisĂ© en trois branches, une pour chaque moteur. Dans chaque branche, une prĂ©-vanne permet Ă l'hydrogĂšne liquide d'alimenter la turbopompe basse pression Ă hydrogĂšne, lorsque la prĂ©-vanne est ouverte.
La pompe basse pression à hydrogÚne (LPFTP) est une pompe axiale entrainée par une turbine à deux étages fonctionnant à l'hydrogÚne gazeux. Elle porte la pression de l'hydrogÚne liquide de 2 à 19 bar et l'envoie à la pompe haute pression à hydrogÚne (HPFTP). Durant le fonctionnement du moteur, la surpression fournie par la LPFTP permet à la HPFTP de tourner à grande vitesse sans caviter. La LPFTP fonctionne à environ 16 185 tr/min et mesure environ 450 par 600 mm. Elle est connectée au circuit d'ergol de la navette et est fixée à la structure de la navette à 180 degrés de la LPOTP.
La HPFTP est une pompe centrifuge Ă trois Ă©tages entrainĂ©e par une turbine Ă deux Ă©tages Ă gaz chaud. Elle porte la pression de l'hydrogĂšne liquide de 19 Ă 450 bar. La HPFTP fonctionne Ă environ 35 360 tr/min. Le dĂ©bit sortant de la turbopompe est dirigĂ© vers la vanne principale puis est divisĂ© en trois flux. Un des flux est envoyĂ© vers la chemise de la chambre de combustion principale, oĂč l'hydrogĂšne est utilisĂ© pour refroidir les parois de la chambre. Il est ensuite renvoyĂ© vers la LPFTP, oĂč il est utilisĂ© pour entraĂźner la turbine LPFTP. Une petite partie du flux sortant de la LPFTP est ensuite dirigĂ©e vers un collecteur commun aux trois moteurs avant d'ĂȘtre envoyĂ© vers le rĂ©servoir externe pour maintenir la pressurisation du rĂ©servoir d'hydrogĂšne liquide (pressurisation autogĂšne). L'hydrogĂšne restant passe entre les parois interne et externe du collecteur des gaz chauds pour le refroidir et est Ă©vacuĂ© dans la chambre de combustion principale. Le deuxiĂšme flux d'hydrogĂšne issu de la vanne principale est dirigĂ© vers la tuyĂšre du moteur, pour la refroidir. Il rejoint ensuite le troisiĂšme flux en provenance de la vanne de refroidissement de la chambre. Le flux combinĂ© est finalement dirigĂ© vers le fuel preburner et l'oxidizer preburner. La HPFTP mesure environ 550 par 1 100 mm. Elle est fixĂ©e par des brides au collecteur des gaz chauds.
Pre-burners et systÚme de contrÎle de la poussée
Les preburners d'oxygÚne et d'hydrogÚne sont soudés sur le collecteur des gaz chauds. L'hydrogÚne et l'oxygÚne pénÚtrent dans les preburners et sont mélangés afin qu'une combustion efficace ait lieu. L'allumeur à arc est une petite chambre de mélange située au centre de l'injecteur de chaque preburner. Les deux allumeurs à arc redondants, qui sont pilotés par le contrÎleur du moteur, sont utilisés lors de la séquence de démarrage du moteur pour déclencher la combustion dans chaque preburner. Ils sont coupés aprÚs environ trois secondes car le processus de combustion est auto-entretenu. Les preburners fournissent le gaz chaud riche en hydrogÚne qui traverse les turbines pour créer la puissance nécessaire pour entraßner les turbo-pompes à haute pression. La sortie du preburner d'oxygÚne entraßne la turbine qui est connectée à la HPOTP et à la pompe du preburner d'oxygÚne. La sortie du preburner d'hydrogÚne entraßne la turbine qui est connectée à la HPFTP.
La vitesse des turbines HPOTP et HPFTP dépend de la position des vannes, respectivement du preburner d'oxygÚne et du preburner d'hydrogÚne. Ces vannes sont pilotées par le contrÎleur du moteur, qui les utilise pour réguler le débit d'oxygÚne liquide vers les preburners et, ainsi, contrÎler la poussée du moteur. Les vannes des preburners d'oxygÚne et d'hydrogÚne augmentent ou diminuent le débit d'oxygÚne liquide, augmentant ou diminuant la pression dans la chambre des preburners, la vitesse des turbines HPOTP et HPFTP, le débit d'oxygÚne liquide et d'hydrogÚne gazeux dans la chambre de combustion principale, qui finalement augmente ou diminue la poussée du moteur, régulant ainsi le moteur. Les vannes des preburners d'oxygÚne et d'hydrogÚne fonctionnent de concert pour réguler le moteur et maintenir un rapport de mélange constant 6-1 entre les ergols.
La vanne d'oxygÚne principale et la vanne d'hydrogÚne principale contrÎlent le débit d'oxygÚne liquide et d'hydrogÚne liquide dans le moteur et sont pilotées par le contrÎleur du moteur. Quand un moteur fonctionne, les vannes principales sont entiÚrement ouvertes.
SystĂšme de refroidissement
Une vanne de régulation du réfrigérant est montée sur la tuyauterie du bypass de refroidissement de la chambre de combustion de chaque moteur. Le contrÎleur du moteur régule le débit d'hydrogÚne gazeux contournant la boucle de refroidissement de la tuyÚre, contrÎlant ainsi sa température. La vanne de refroidissement de la chambre est ouverte à 100 % avant le démarrage du moteur. Lors du fonctionnement du moteur, elle est ouverte à 100 % pour des réglages de poussée compris entre 100 et 109 % pour un refroidissement maximal. Pour des réglages de poussée entre 65 et 100 %, sa position varie entre 66,4 et 100 % d'ouverture pour un refroidissement réduit.
Chambre de combustion et tuyĂšre
Chaque chambre de combustion principale reçoit le gaz chaud riche en hydrogÚne provenant du circuit de refroidissement du collecteur des gaz chauds. L'hydrogÚne gazeux et l'oxygÚne liquide pénÚtrent dans la chambre par l'injecteur, qui mélange les ergols. Une petite chambre d'allumage à bougie est située au centre de l'injecteur. L'allumeur redondant est utilisé pendant la séquence de démarrage du moteur pour déclencher la combustion. Les allumeurs sont coupés aprÚs environ trois secondes car le processus de combustion est auto-entretenu. L'injecteur principal et le dÎme sont soudés au collecteur des gaz chauds. La chambre de combustion principale est également boulonnée au collecteur des gaz chauds.
La surface interne de chaque chambre de combustion, ainsi que la surface interne de chaque tuyÚre, est refroidie par de l'hydrogÚne liquide circulant dans les tubes de refroidissement en acier inoxydable brasés. La tuyÚre est une extension en forme de cloche boulonnée sur la chambre de combustion principale. La longueur de la tuyÚre est de 2,9 m, et le diamÚtre extérieur en sortie est de 2,4 m. Un anneau support soudé à la partie avant de la tuyÚre constitue le point d'attache du moteur à l'écran thermique fourni par la navette. Une protection thermique est nécessaire à cause de l'exposition de certaines parties des tuyÚres pendant les phases de lancement, d'ascension, en orbite et d'entrée d'une mission. L'isolation est constituée de quatre couches de batting métallique couvertes par une feuille métallique et un écran.
Pour une tuyĂšre capable de fonctionner au niveau de la mer, la tuyĂšre du SSME possĂšde un taux d'expansion de la pression de la chambre inhabituellement Ă©levĂ© (environ 77). Une tuyĂšre de cette taille devrait normalement subir un dĂ©collement du flux de la paroi qui pourrait provoquer des difficultĂ©s de rĂ©gulation et pourrait mĂȘme endommager mĂ©caniquement la navette. Pour Ă©viter cela, les ingĂ©nieurs de Rocketdyne ont fait varier l'angle de la tuyĂšre, en le diminuant prĂšs de la sortie. Ceci Ă©lĂšve la pression au voisinage du bord entre 4,6 et 5,7 psi (0,317 et 0,393 bar), et empĂȘche le dĂ©collement du flux. La partie centrale du flux est Ă une pression beaucoup plus faible, environ 2 psi (0,138 bar) ou moinscite-ref-1[1].
Vannes principales
Les cinq vannes d'ergol de chaque moteur (oxygĂšne de l'« oxidizer preburner », oxygĂšne du « fuel preburner », oxygĂšne principale, hydrogĂšne principale et refroidissement de la chambre) sont actionnĂ©es hydrauliquement et pilotĂ©es Ă©lectriquement par le contrĂŽleur du moteur. Elles peuvent ĂȘtre fermĂ©es complĂštement Ă l'aide du systĂšme d'alimentation en hĂ©lium du moteur, agissant comme systĂšme de manĆuvre de secours.
La vanne principale d'oxygĂšne et la vanne de dĂ©charge de l'hydrogĂšne sont utilisĂ©es aprĂšs l'arrĂȘt du moteur. La vanne principale d'oxygĂšne est ouverte pour permettre d'Ă©vacuer l'oxygĂšne liquide rĂ©siduel au travers du moteur, et la vanne de dĂ©charge de l'hydrogĂšne est ouverte pour permettre d'Ă©vacuer l'hydrogĂšne liquide rĂ©siduel au travers des vannes de remplissage et de vidange de l'hydrogĂšne. AprĂšs la fin de l'Ă©vacuation, les vannes sont dĂ©finitivement fermĂ©es pour le reste de la mission.
Joint de cardan
Le palier à joint de Cardan est boulonné sur l'injecteur principal et le dÎme et constitue l'interface de poussée entre le moteur et la navette. Le palier de poussée mesure environ 290 par 360 mm.
Les turbopompes basse pression Ă oxygĂšne et Ă hydrogĂšne sont montĂ©es angulairement Ă 180 degrĂ©s sur la structure de poussĂ©e Ă l'arriĂšre du fuselage de la navette. Les tuyauteries reliant les turbopompes basse pression aux turbopompes haute pression sont Ă©quipĂ©es de soufflets flexibles qui permettent aux turbopompes basse pression de rester fixes alors que le reste du moteur est orientable pour piloter le vecteur de poussĂ©e. La tuyauterie d'hydrogĂšne liquide entre la LPFTP et la HPFTP est isolĂ©e pour empĂȘcher la formation d'air liquide.
Spécifications du SSME
La poussĂ©e du SSME (ou son niveau de puissance, « power level ») peut ĂȘtre rĂ©glĂ©e entre 67 et 109 % de la poussĂ©e de conception. Les lancements standards utilisent une poussĂ©e pouvant atteindre 104,5 %, avec toutefois des rĂ©gimes Ă 106 ou 109 % disponibles pour les cas d'abandon d'urgence pendant le lancement. La poussĂ©e peut ĂȘtre spĂ©cifiĂ©e pour le niveau de la mer ou dans le vide. La poussĂ©e dans le vide sera plus importante en raison de l'absence d'effets dus Ă la prĂ©sence de l'atmosphĂšre.
⹠Poussée 100 % (niveau de la mer / vide) : 1 670 kN / 2 090 kN
⹠Poussée 104,5 % (niveau de la mer / vide) : 1 750 kN / 2 170 kN
⹠Poussée 109 % (niveau de la mer / vide) : 1 860 kN / 2 280 kN
La prĂ©sentation de niveaux de puissance supĂ©rieurs Ă 100 % peut paraĂźtre perturbante, mais elle est en fait facilement explicable. Le niveau de 100 % ne dĂ©signe en fait pas le maximum de puissance que peut physiquement dĂ©velopper le moteur, mais correspond plutĂŽt Ă une spĂ©cification, dĂ©cidĂ©e au dĂ©but du dĂ©veloppement du SSME, dĂ©signant le niveau de puissance « normale » que devait produire le moteur. Des Ă©tudes ultĂ©rieures ont montrĂ© que le moteur pouvait en fait fonctionner en toute sĂ©curitĂ© Ă des niveaux supĂ©rieurs Ă 100 %, ce qui est dĂ©sormais la norme. Le fait de maintenir malgrĂ© tout cette relation Ă©troite entre le « 100 % initial » et la puissance rĂ©elle que peut dĂ©velopper actuellement le moteur permet de limiter des confusions, en crĂ©ant une relation invariable entre les deux paramĂštres. De ce fait, les donnĂ©es recueillies pendant les tests ou les vols, passĂ©s ou futurs, peuvent facilement ĂȘtre comparĂ©es entre elles. Si Ă chaque fois que la puissance Ă©tait augmentĂ©e cette valeur devenait le « nouveau 100 % », les donnĂ©es des vols prĂ©cĂ©dents devraient ĂȘtre modifiĂ©es et les comparaisons entre les diffĂ©rentes valeurs nĂ©cessiteraient des calculs longs et inutiles.
Les niveaux de puissance produits par les SSME affectent évidemment leur durée de vie. Les études indiquent que les probabilités d'une défaillance augmentent rapidement avec des niveaux de puissance dépassant 104,5 %, ce qui explique pourquoi ces réglages ne sont réservés que pour les cas d'urgencecite-ref-2[2].
Les autres caractéristiques techniques du SSME sont les suivantes :
âą Altitude de conception : 18 300 m
⹠Nombre de Mach de la tuyÚre : 5,05 (calculé)
âą Surface du col : 600 cm2
âą Surface de la tuyĂšre : 4,669 8 m2
âą Pression dans la chambre : 189,4 bar Ă 100 % de puissance
⹠Pression de sortie : 72,3 bar (calculée)
⹠Durée de fonctionnement : 520 secondes
âą Isp dans le vide : 452,5 secondes
⹠Poussée unitaire dans le vide : 2,226 5 MN à 104,5 % de la poussée de conception
| Consommation spécifique de carburant en⊠| Consommation spécifique de carburant en⊠|
|---|---|
| 7,95 | 225 |
| Consommation spécifique de carburant en⊠| Impulsion spécifique (s) | Vitesse d'éjection (m/s) |
|---|---|---|
| 7,95 | 453 | 4423 |
Le SSME et le programme Constellation
Initialement, le SSME devait ĂȘtre utilisĂ© dans l'Ăšre post-navettes comme moteurs principaux de la fusĂ©e inhabitĂ©e Ares V et comme moteur du second Ă©tage pour la fusĂ©e avec Ă©quipage Ares I. Bien que l'emploi du SSME semblait bon sur le papier, parce qu'il utilisait la technologie de la navette aprĂšs son retrait, il avait plusieurs inconvĂ©nients :
⹠Il ne serait pas réutilisable, étant fixé aux étages largués ;
âą Il devrait subir un test d'allumage (FRF) avant son montage â test appelĂ© « Main Engine Test » que la NASA rĂ©alisait sur chaque nouvelle navette et jusqu'au vol STS-26 ;
⹠Il serait coûteux, long et pénalisant en termes de poids de convertir le SSME prévu pour un allumage au sol en un moteur capable d'un allumage en vol pour le deuxiÚme étage d'Ares I.
AprÚs plusieurs changements de conception des fusées Ares I et Ares V, le SSME sera remplacé par un seul J-2X pour le deuxiÚme étage d'Ares I. La fusée Ares V aurait dû utiliser six moteurs RS-68 modifiés (qui sont basés à la fois sur le SSME et le moteur J-2 d'Apollo) pour son étage principal.
Utilisation par le lanceur lourd SLS
En 2011, Ă la suite de l'abandon du programme Constellation, la NASA annonce que le SSME sera utilisĂ© sur le lanceur SLS (Space Launch System) avec quatre moteurs pour le premier Ă©tage. Les six moteurs en version RS-25D disponibles seront utilisĂ©s sur les premiers volscite-ref-3[3], puis remplacĂ©s par la version RS-25E (« Expendable », version sacrifiable et moins chĂšre). Les premiers sont intĂ©grĂ©s dans le premier Ă©tage de la premiĂšre SLS sur le Centre d'assemblage de Michoud entre le 20 octobre et le 6 novembre 2019cite-ref-4[4] qui doit ĂȘtre lancĂ© fin 2022.
Le RS-25 D/E est une version modernisĂ©e des moteurs SSME. Par rapport Ă la version utilisĂ©e par la navette spatiale, il dispose d'un nouveau contrĂŽleur, une meilleure isolation de la tuyĂšre et une augmentation de la poussĂ©e qui atteint 109% de la poussĂ©e nominale contre 104,5% auparavant. La poussĂ©e est de 1 859 kN au niveau de la mer et 2 227 kN dans le vide, soit respectivement de 190 tonnes et 232 tonnes. Contrairement Ă ceux de la navette spatiale ils ne sont pas rĂ©utilisables ce qui a permis de rĂ©duire leur poids et de diminuer leur cout. Son impulsion spĂ©cifique, moins performante que dans la version d'origine, est de 366 secondes au niveau de la mer et de 452 secondes dans le vide. Chaque moteur a une masse de 3527 kg, est haut de 4,27 mĂštres pour un diamĂštre de 2,44 mĂštres. La tuyĂšre a un rapport de section de 69 typique des moteurs-fusĂ©es devant fonctionner Ă basse altitudecite-ref-5[5]cite-ref-6[6]. Les lanceurs SLS doivent utiliser 16 moteurs modernisĂ©s issus du programme de la navette spatiale. La chaine de fabrication a Ă©tĂ© relancĂ©e, dans le cadre d'un contrat de 1,79 milliard US$ passĂ© en mai 2020, pour produire 18 moteurs dont le cout de fabrication devrait ĂȘtre 30% plus faible et qui devraient ĂȘtre lĂ©gĂšrement plus puissantscite-ref-7[7].
Notes et références
cite-note-11. â Nozzle Design
cite-note-22. â [1] [PDF]
cite-note-33. â bergin2012chris-bergin2012(en) Chris Bergin, « SSME family prepare for SLS core stage role following Shuttle success », sur NASA, 13 janvier 2012 (consultĂ© le 22 novembre 2019).
cite-note-44. â sloss2018philip-sloss2018(en) Philip Sloss, « First SLS Core Stage begins final testing ahead of shipment », sur NASA, 18 novembre 2018 (consultĂ© le 22 novembre 2019).
cite-note-55. â (en) « Space Launch System RS-25 Core Stage Engines », sur NASA, NASA (consultĂ© le 28 septembre 2020)
cite-note-66. â (en) « RS-25 Engine », sur Aerojet Rocketdyne, Aerojet Rocketdyne (consultĂ© le 30 septembre 2020)
cite-note-77. â 2020(en) « NASA Awards Aerojet Rocketdyne $1.79 Billion Contract Modification to Build Additional RS-25 Rocket Engines to Support Artemis Program », sur Aerojet Rocketdyne, Aerojet Rocketdyne, 1er mai 2020
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
⹠(en) « NASA Shuttle Press Kit SSME Reference » [PDF]
⹠(en) « Space Shuttle Main Engine », Boeing
⹠(en) « Space Shuttle Main Engine Enhancements », NASA
⹠(en) « The Roar of Innovation », NASA
⹠(en) « Space Shuttle Main Engine - incredible facts »
⹠(en) « Space Shuttle Main Engine The First Ten Years » [PDF]
⹠(en) « NSTS 1988 News Reference Manual »
âą (en) Boeing Liquid Propellant Rocket Systems, Rocketdyne Propulsion & Power, Pub. 573-A-100 9/99, page 26. (SSME was designated the RS-24, not RS-25 as commonly believed. The RS-25 was a misnomer for the expendable version of the SSME that adopted early in the Ares program, later replaced by the RS-68 and J-2X.)
⹠(en) « reference SSME / RS-24 », sur Encyclopedia Astronautica (consulté le 7 février 2022)
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